Guide d’achat

Comment choisir son système de filtration d'eau à domicile ?

goutte d'eau

Comparatif filtres à eau : comment choisir ? 

Vous êtes devant le rayon filtres à eau. Le vendeur vous parle de microns, de certifications NSF, de charbon actif... Et vous ne comprenez rien. Rassurez-vous, c'est normal. Voici ce qu'il faut vraiment savoir.

Ce que personne ne vous explique sur la filtration d'eau

Comment ça marche, concrètement ?

Un filtre à eau, c'est simple : l'eau passe à travers quelque chose qui retient les polluants. Plus ce "quelque chose" a des pores fins, plus il retient de contaminants. On mesure ça en microns (µm). Un cheveu humain fait 70 microns pour vous donner une idée.

Un filtre à 30 microns laisse passer tout ce qui est plus petit que 30 microns. Un microplastique fait entre 1 et 10 microns. Une bactérie fait entre 0,5 et 5 microns. Vous voyez le problème.

Il existe différentes façons de filtrer l'eau. Le charbon actif capte certaines molécules par adsorption (elles se "collent" au charbon) : le chlore, certains pesticides, les PFAS. La filtration mécanique, ce sont des pores plus ou moins petits qui retiennent physiquement les particules : microplastiques, bactéries, kystes. L'osmose inverse pousse l'eau à travers une membrane tellement fine qu'elle ne laisse passer que les molécules d'eau.

Les certifications NSF : ce qu'elles garantissent vraiment

Les certifications NSF sont délivrées par des laboratoires indépendants. Elles attestent qu'un filtre fait vraiment ce qu'il prétend, dans des conditions réelles et jusqu'à la fin de vie du filtre. Il y en a trois principales :

NSF 42 : le goût et l'esthétique

Cette certification vérifie que votre eau a meilleur goût. Le filtre enlève le chlore, améliore le goût et l'odeur. C'est important pour le confort, mais ce n'est pas sanitaire. NSF 42 ne protège pas votre santé, juste vos papilles.

NSF 53 : la protection de la santé

C'est la certification qui compte vraiment. NSF 53 prouve qu'un filtre protège la santé, pas juste le goût. Elle couvre les contaminants qui ont un impact avéré sur la santé :

Les PFAS (les "polluants éternels" présents dans 92 % de l'eau du robinet en France). Attention : un filtre NSF 53 peut être certifié pour certains PFAS seulement (PFOA, PFOS) ou pour une approche "Total PFAS". Il faut vérifier lesquels.

Les métaux lourds : plomb, mercure, cadmium. Particulièrement important si vous avez de vieilles canalisations.

Les kystes parasitaires : Giardia, Cryptosporidium. Ces micro-organismes résistent au chlore du réseau et peuvent provoquer des troubles digestifs sévères.

Les pesticides, herbicides, et certains composés organiques volatils selon les modèles.

NSF 401 : les contaminants modernes

C'est la certification pour les polluants émergents : 15 substances dont pesticides, herbicides, médicaments (ibuprofène, hormones). C'est assez récent et peu de filtres l'ont.

La vraie question à poser : Quand un vendeur vous dit "certifié NSF 53", demandez : "Pour quels contaminants exactement ?" C'est là que vous distinguez le marketing de la réalité.

Le risque bactérien qu'on ne vous dit pas

Voici ce qui change tout : la plupart des systèmes de filtration peuvent devenir un nid à bactéries s'ils ne sont pas entretenus correctement. L'eau stagnante, les filtres saturés, les cuves mal nettoyées créent un environnement idéal pour la prolifération bactérienne.

L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a publié des recommandations strictes sur les carafes filtrantes : conservation au réfrigérateur, nettoyage régulier, changement mensuel des cartouches. Pourquoi ? Parce que sans ces précautions, vous risquez de boire une eau plus contaminée qu'avant filtration.

Les systèmes gravitaires nécessitent un nettoyage fréquent des cuves (tous les 1-2 mois en eau calcaire). Si vous oubliez, des bactéries se développent dans l'eau stagnante de la cuve supérieure.

La seule vraie barrière contre les bactéries, c'est une filtration mécanique suffisamment fine (inférieure à 0,5 micron) . Ça prouve que le filtre retient physiquement ces micro-organismes, et que cette performance est vérifiée jusqu'à la fin de vie du filtre.

Les solutions qu'on trouve partout

Le bâton de charbon (ex : Binchotan)

C'est joli. C'est naturel. C'est japonais. Malheureusement, ça ne filtre pas grand-chose.

Le principe : vous mettez un bâton de charbon actif dans votre carafe. L'eau est en contact avec le charbon et devrait capter certains polluants.

Le problème : l'eau ne traverse pas le charbon, elle est juste posée à côté. Pour que le charbon actif fonctionne, l'eau doit passer à travers ses millions de micropores. Là, elle stagne. La surface de contact est minuscule.

Le risque bactérien : aucune barrière mécanique. Les bactéries passent librement. Si l'eau stagne quelques heures à température ambiante, vous créez un bouillon de culture.

Résultat : vous aurez peut-être un peu moins de goût de chlore. Mais pour le reste, on est dans l'effet placebo. Et il n'y a aucune certification, aucun test indépendant pour vérifier quoi que ce soit.

Prix première année : entre 30 et 50 euros pour deux bâtons (durée 6 mois chacun).

C'est adapté si vous voulez juste un petit plus sur le goût et que votre eau est déjà nickel. Pour le reste, passez votre chemin.

Les carafes filtrantes (type Brita)

C'est le classique. Tout le monde en a eu une à un moment ou un autre. Elles sont pratiques, pas chères, et améliorent vraiment le goût de l'eau. Mais elles ont leurs limites.

Comment ça marche ?

L'eau passe à travers une cartouche qui mélange du charbon actif et une résine échangeuse d'ions. Le charbon capte le chlore (d'où l'amélioration du goût), et la résine échange les ions de calcium et magnésium contre du sodium. C'est pour ça que votre bouilloire s'entartre moins.

Les certifications

Ça dépend beaucoup du modèle.  Les modèles Maxtra Pro montent en gamme avec du NSF 42 (chlore) et du NSF 53 . Certains modèles annoncent filtrer des PFAS avec une certification NSF 53, mais uniquement pour PFOA et PFOS (2 types de PFAS parmi plus d'une centaine existants).

Le vrai problème : la taille de filtration

Les pores des cartouches Brita font 30 microns ou plus (c'est écrit sur leur fiche produit officielle). C'est bien pour le chlore et le tartre. Mais les microplastiques font entre 1 et 10 microns. Les pesticides, pareil. Les bactéries, entre 0,5 et 5 microns. Ils passent.

En août 2024, 60 Millions de consommateurs a testé plusieurs carafes sur les PFAS. Verdict : échec général sauf pour quelques modèles haut de gamme américains qu'on ne trouve pas facilement en France.

Le risque bactérien

C'est là que l'Anses tire la sonnette d'alarme. Sans filtration mécanique fine, les bactéries passent à travers la cartouche. Et si vous laissez l'eau stagner dans la carafe à température ambiante, si vous ne la nettoyez pas régulièrement, la carafe devient un nid à bactéries.

L'Anses recommande : conservation au réfrigérateur obligatoire, nettoyage hebdomadaire de la carafe, changement strict de la cartouche tous les mois. Sans ces précautions, vous risquez de boire une eau plus contaminée qu'avant filtration.

Les contraintes

Vous changez la cartouche tous les mois (environ 7 euros). Vous devez vraiment respecter l'entretien. Et puis c'est lent, il faut attendre que l'eau filtre goutte à goutte.

Prix première année : environ 109 euros (25 euros la carafe + 84 euros de cartouches).

C'est adapté si vous voulez améliorer le goût de l'eau et réduire le tartre, et que vous êtes rigoureux sur l'entretien. Pour filtrer les polluants émergents ou avoir une vraie barrière bactérienne, il faut chercher ailleurs.

Les filtres gravitaires (type Berkey)

Les Berkey, c'est le système préféré des survivalistes et des familles en quête d'autonomie. Pas d'électricité, pas de raccordement, juste la gravité.

Comment ça marche ?

Deux cuves en inox empilées. Vous remplissez celle du haut, l'eau traverse des cartouches de charbon ultra-compacté, et elle ressort filtrée dans la cuve du bas. La filtration est en moyenne à 0,2 micron, ce qui est déjà beaucoup plus fin qu'une carafe classique.

Le risque bactérien

Avec une filtration à 0,2 micron, les bactéries sont normalement retenues. Mais voici le problème : l'entretien. Les cuves se nettoient tous les 2-3 mois (tous les mois si votre eau est calcaire). Les filtres aussi : tous les 1-2 mois en eau calcaire, tous les 4-6 mois en eau normale.

Si vous oubliez de nettoyer, l'eau stagne dans la cuve supérieure et des bactéries se développent. Vous contaminez alors vos filtres. Il faut frotter les filtres au Scotch Brite, les rincer, les réamorcer avec une seringue. C'est faisable, mais ça demande de la discipline.

Les autres contraintes

Ces systèmes sont encombrants. Un Travel Berkey fait 46 cm de haut, un Big Berkey encore plus. Ça prend de la place sur le plan de travail.

Et puis c'est lent. Comptez 45 minutes pour filtrer 5 à 10 litres. Il faut anticiper, remplir la cuve du haut régulièrement. Pas l'idéal si vous voulez un verre d'eau immédiatement.

Prix première année : 371 euros pour un Travel Berkey (1-2 personnes), 416 euros pour un Big Berkey (2-3 personnes). Les filtres durent des années (jusqu'à 22 700 litres par paire), donc après c'est rentable.

C'est adapté si vous cherchez l'autonomie totale. Si vous partez souvent en camping, si vous vivez en zone où il y a des coupures d'eau, ou si vous voulez un système sans électricité, c'est une excellente option. Mais au quotidien, l'encombrement, le débit lent et l'entretien fréquent peuvent être un frein.

L'osmose inverse

C'est le système le plus performant techniquement. Il filtre presque tous les contaminants : Les virus, les bactéries, les métaux lourds, les PFAS, les pesticides, les médicaments, les hormones. Le problème, c'est qu'il filtre aussi ce dont vous avez besoin.

Comment ça marche ?

L'eau est forcée sous pression à travers une membrane ultra-fine (0,0001 micron). Seules les molécules d'eau passent. Tout le reste est bloqué et évacué dans les égouts.

Certification NSF 58 : c'est carré, c'est vérifié, ça marche.

Le risque bactérien

Avec une membrane à 0,0001 micron, aucune bactérie ne passe. Vous avez une eau microbiologiquement pure. De ce côté-là, c'est irréprochable.

Pourquoi on hésite quand même ?

Premier problème : l'eau osmosée est complètement déminéralisée. Plus de calcium, plus de magnésium, plus de potassium.  Sur le long terme, consommer uniquement de l'eau déminéralisée peut créer des carences. Il faut donc reminéraliser l'eau derrière, ce qui ajoute une étape (et un coût).

Deuxième problème : le gaspillage. Un osmoseur rejette entre 50 et 80 % de l'eau qu'il utilise. Pour produire 1 litre d'eau filtrée, vous en jetez 1 à 2 L. 

Troisième problème : l'installation. Il faut un robinet dédié (vous percez votre plan de travail), un raccordement au réseau d'eau froide, un branchement électrique pour la pompe. Souvent, vous faites venir un plombier. 

Quatrième problème : l'entretien. Les pré-filtres se changent tous les 6-12 mois, la membrane d'osmose tous les 2-3 ans. Budget annuel : entre 150 et 300 euros.

Prix première année : entre 550 et 1 500 euros selon les modèles (400-1 200 euros d'achat + 150-300 euros d'entretien).

C'est adapté si vous avez une eau vraiment polluée ou un système immunitaire affaibli qui nécessite une eau ultra-pure. Pour un usage domestique classique, c'est souvent surdimensionné.

Fluide : le filtre sous évier

On arrive à notre solution. Fluide, c'est ce qu'on a conçu après avoir constaté les limites des autres systèmes. L'idée : combiner des certifications robustes avec une installation simple, un entretien minimal, et une vraie barrière bactérienne.

Comment ça marche ?

Deux étages de filtration. L'eau traverse d'abord une couche de charbon actif haute densité (pour capter chlore, pesticides, PFAS), puis une membrane mécanique à 0,1 micron (pour bloquer physiquement les microplastiques, bactéries).

Les standards

Trois stantards NSF atteints :

NSF 42 : on enlève le chlore, le goût, les odeurs. C'est la base, mais c'est certifié.

NSF 53 Total PFAS: le standard le plus avancé sur les polluants éternels.

NSF 401 : on capte 15 contaminants émergents. Pesticides, herbicides, médicaments. C'est cette certification qui fait la différence sur les polluants modernes.

La barrière bactérienne

Avec une membrane mécanique à 0,1 micron, les bactéries sont éliminées à 99,99999999% Pas de risque de prolifération bactérienne dans le système : l'eau ne stagne pas, elle passe directement du réseau au robinet en traversant le filtre.

Pas besoin de conserver l'eau au frigo. Pas de nettoyage de cuves. Pas de risque de contamination par mauvais entretien. La membrane fait barrière, point.

La taille de filtration

0,1 micron. C'est deux fois plus fin que Berkey (0,2 micron), et 300 fois plus fin que les carafes Brita (30 microns). Les microplastiques (1-10 microns) ne passent pas. Les bactéries (0,5-5 microns) non plus.

L'entretien

Une cartouche par an. C'est tout. . Pas de nettoyage de cuves, pas de risque d'oublier et de contaminer votre système.

Et zéro gaspillage d'eau. Toute l'eau qui entre ressort filtrée. Rien dans les égouts.

C'est adapté pour un usage quotidien. Si vous voulez de l'eau filtrée directement au robinet, avec des standards élevés (NSF 42, 53, 401), une vraie barrière bactérienne , sans vous embêter avec de l'entretien tous les mois, c'est fait pour ça.

Comment choisir pour de vrai

Vous voulez juste améliorer le goût

Prenez une carafe Brita. Elle fait très bien le job sur le chlore et le tartre. Par contre, soyez rigoureux sur l'entretien (frigo, nettoyage hebdomadaire, changement mensuel) pour éviter les problèmes bactériens. Et ne comptez pas sur elle pour filtrer les pesticides ou les microplastiques.

Vous cherchez l'autonomie totale

Le Berkey est parfait. Pas d'électricité, pas de raccordement. Vous le remplissez, vous attendez, vous avez de l'eau filtrée. Idéal pour le camping, les maisons isolées, ou si vous voulez être tranquille en cas de coupure d'eau. Mais assumez l'encombrement, le débit lent, et l'entretien régulier des cuves et des filtres.

Vous avez besoin du maximum de filtration

L'osmose inverse filtre tout. Vraiment tout. Y compris les bactéries et les virus. C'est le système le plus performant. Mais ça vient avec des contraintes : l'eau est déminéralisée (il faut la reminéraliser), vous gaspillez de l'eau, l'installation est complexe, et l'entretien coûte cher. Réservez ça aux situations où vous avez vraiment besoin de ce niveau de filtration.

Vous voulez de l'eau filtrée au quotidien sans vous prendre la tête

Fluide fait le boulot. Trois certifications NSF qui couvrent les bases (chlore, métaux lourds, contaminants émergents, PFAS), une filtration à 0,1 micron pour les microplastiques et les bactéries, et un entretien une fois par an. C'est conçu pour être simple et sûr.

 

En conclusion

Chaque système a ses forces et ses limites. Les carafes sont pratiques pour le goût. Les Berkey offrent l'autonomie. L'osmose inverse filtre au maximum. Et les systèmes sous évier comme Fluide combinent performances avancées de filtration et simplicité d'usage.

Le bon choix dépend de ce que vous cherchez vraiment : performance maximale, autonomie, praticité, ou juste améliorer le goût. Maintenant vous savez ce qui se cache derrière les promesses marketing.

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